On dit souvent que la gourmandise est un vilain défaut, mais les religieux sont souvent à l’origine de ce péché. En France, plus de 82 abbayes produisent et vendent des délices de nos terroirs, locaux, artisanaux et parfois bio ! On n’y pense pas assez, mais il s’agit d’un très bon moyen de découvrir les spécialités culinaires de notre pays et de se régaler le temps d’un week-end.

Laissez-vous guider par vos papilles et découvrez nos meilleures adresses monastiques pour une pause un peu plus gourmande que spirituelle. À vos fourchettes !

1 – ABBAYE DE FLEURY (2h de Paris)

Abbaye de Fleury

Pour débuter ce circuit monastique et culinaire, vous ferez un crochet dans le Loiret où se trouve l’abbaye de Fleury. 

Saint-Benoît a édicté une règle : « S’ils travaillent de leurs mains, ils seront vraiment moines ». Alors depuis plus de 50 ans, les moines de Fleury fabriquent des produits artisanaux et leurs spécialités sont les confiseries en tout genre. Ils bénéficient même du prestigieux label « Monastic » créé en 1989 pour protéger le travail monastique. Aujourd’hui, l’atelier produit plus de 8 tonnes de bonbons par an et fournit de grands boulangers parisiens comme Poilâne. Pastilles à l’anis, au miel, à la violette et à la menthe, des carabeurre ou encore l’incontournable de l’abbaye : les moinillons ( bonbons en forme de petits moines !) y sont fabriqués. Fondants et parfumés avec différents arômes naturels, les bonbons sont composés de I60% de sucre de canne et de 40% de glucose. Après cuisson et refroidissement, ils sont séparés à la main et conditionnés en boîte ou en sachet. Pour vous en procurer, rendez-vous à l’abbaye à Saint-Benoît-sur-Loire, en ligne ainsi que dans quelques boulangeries de la région.

Après vous être mis quelques douceurs sous la dent, place au plaisir des yeux, car l’abbaye de Fleury est un incontournable du Val de Loire !  Joyau de l’architecture romane, il est possible de visiter la basilique durant la saison estivale : tour porche, abbatiale, crypte… Vous y passerez un moment culturel, passionnant et plein d’humour grâce à la communauté bénédictine qui fait vivre ce lieu spirituel.

Pour les amateurs de beaux objets, les frères de l’atelier peignent aussi des porcelaines blanches réalisées à partir de dessins originaux. Assiettes, tasses, bonbonnières, plateaux, objets décoratifs… Vous y trouverez forcément votre bonheur. 

2 – ABBAYE DU VAL D’IGNY (1h43 de Paris)

On prend maintenant la direction de la Champagne-Ardenne. Entre deux dégustations de champagne, vous aurez bien le temps de visiter l’abbaye du Val d’Igny. Surnommée aussi l’abbaye des Saints, grâce à son âge d’or, elle a traversé les guerres et fut transformée en hôpital en 14-18 avant d’être démolie et reconstruite 3 fois. Une vraie survivante.

Vous pourrez visiter l’église, les alentours du monastère, la cour d’honneur de l’abbaye ainsi que les deux salles d’exposition retraçant l’histoire des communautés et abbayes cisterciennes tous les après-midis. 

Aujourd’hui, 60 sœurs cisterciennes y vivent et fabriquent des douceurs pour tous les palais : caramels, macarons, nougatines et surtout du chocolat. L’histoire chocolatière de l’abbaye remonte à la fin du 19e, où les moines évangélisaient grâce aux tablettes de chocolat qu’ils fabriquaient et qu’ils offraient accompagnées d’une image représentant un saint ou une prière. Pour en savoir plus, l’abbaye propose d’ailleurs une exposition gratuite retraçant son histoire de 1884 à aujourd’hui.

Depuis, les sœurs ont renoué avec le chocolat en fabriquant au départ des bonbons, puis est venu l’opportunité de les enrober de chocolat. Aujourd’hui, on y achète des bouchons d’Igny, la spécialité de l’abbaye. Un chocolat noir en forme de bouchon de champagne fourré d’un mélange à base de gianduja, de marc et de fine champenois sous alu or. Mais aussi d’autres sortes de chocolat qu’on offre et déguste volontiers à Noël, à Pâques ou sans occasion particulière, juste pour le plaisir ! Il est aussi possible de les acheter à distance.

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Découvrez les week-ends sur-mesure autour de ces somptueuses abbayes

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3 – ABBAYE DE SAINT-NICOLAS-LÈS-CÎTEAUX
(30 min de Dijon)

Abbaye Notre-Dame-des-Cîteaux

Ici, on s’éloigne un peu de Paris, mais pour deux bonnes raisons : la Bourgogne et le Fromage avec un grand F.

L’abbaye de Saint-Nicolas-lès-Cîteaux fondée en 1098 accueille une trentaine de moines qui vivent au rythme du silence, des prières et de la confection du fromage de Cîteaux. Sa production commence à la fin du 19e puis connaît un essor dans les années 60. Depuis, sa réputation n’est plus à faire. Chaque année, c’est 100 000 fromages qui sont produits ! Les moines ont même du mal à satisfaire la demande grandissante qui provient du monde entier (Tokyo, Dubaï, Cap Town …) car toute la production laitière et fromagère est exclusivement gérée par les moines. C’est d’ailleurs l’un des derniers fromages à être fabriqué et affiné dans l’enceinte de l’abbaye, par les moines et avec le lait de leur propre troupeau. C’est durant les deux mois d’affinage où les fromages sont régulièrement lavés, un par un à la main et prennent en souplesse et en goût.  

Crémeux et floraux, s’accompagneront à la perfection d’un vin rouge régional comme un Côte de Beaune ou un Beaujolais. Mais étonnamment, les moines pourront aussi vous conseiller de les déguster avec des bonbons au miel d’acacia et quelques tisanes produites à l’abbaye. Un mélange surprenant, mais savoureux.

L’abbaye est célèbre pour son fromage, mais elle fabrique aussi des bonbons au miel et un pain d’épice sans œuf et sans lait, au miel, à l’anis vert, aux noix et noisettes pour les becs sucrés.

En dehors de la gastronomie, vous pourrez visiter l’abbaye d’avril à novembre à condition de réserver à l’avance. Cela sera l’occasion d’entrer au sein de la clôture monastique et de découvrir deux bâtiments uniques en France : une bibliothèque sur atelier de copistes et un définitoire. Une visite agréable pour les papilles comme pour l’esprit !

4 – MONASTÈRE DES BÉNÉDICTINES DE ROUEN
(2h de Paris)

Monastères des Bénédictines

De passage à Rouen, (retrouvez notre étape du TDFP#1 de Paris à Rouen) filez en direction du monastère des Bénédictines. Au cœur de la ville aux cent clochers, vous pénétrerez dans le monastère construit par l’ordre des Minimes non sans surprise en sentant les effluves s’échappant de la Biscuiterie Magdala. 

Les biscuits de Magdala sont nés du savoir-faire des moniales et sont aujourd’hui une marque de biscuiterie fine déposée et labellisée « Monastic ». 

Loin d’être une fabrication industrielle, les sœurs produisent tout de même 5 tonnes de biscuits par an : palets sablés pur beurre (Normandie oblige !) ou à l’orange, éventails, croquets aux amandes, pains d’épice, madeleines, meringues et la dernière nouveauté : des biscuits à l’épeautre parfumés à la cannelle et à l’orange. Vous les trouverez dans une petite boutique jouxtant l’abbaye ainsi que plusieurs objets fabriqués artisanalement : colliers, ranges papiers, livres, amphores …

En revanche pour visiter le monastère, il faudra attendre les journées du patrimoine qui auront lieu le 19 et 20 septembre 2020. 

5 – ABBAYE DU MONT DES CATS (30 min de Lille)

Abbaye du Mont des Cats

Au sommet du mont des Cats se niche le seul monastère trappiste français fondé en 1826. Les 20 moines qui y habitent font partie de l’ordre cistercien de la Stricte Observance, un ordre contemplatif de l’église catholique.  

L’abbaye n’est pas ouverte au public, mais c’est un lieu agréable pour y faire quelques balades dans la plaine des Flandres. Plusieurs chemins de randonnée autour du mont permettent de se balader autour du monastère.

Et puis l’incontournable : se rendre à la boutique de l’abbaye pour y acheter un fromage trappiste dont les moines détiennent le secret depuis 172 ans. Au départ, le fromage était fabriqué avec le lait du troupeau de la ferme. Mais dans les années 70, ils ont cédé la ferme à une célèbre laiterie qui les fournit à présent à la demande. 

Ils y fabriquent 3 types de fromages : 

  • Le fromage trappiste traditionnel fabriqué selon la recette du Port Salut qui se vend partout dans la région.
  • Le Flamay, un fromage mi-cuit qui ressemble à la mimolette.
  • Et leur dernière recette mise au point : un fromage au lait de vache affiné à la bière du mont des Cats. 

Renommée pour son fromage, l’abbaye relance en 2011 la production de la bière du Mont des Cats pour se donner un nouveau souffle. Il s’agit de la seule bière française produite par des moines trappistes. Cependant, elle est pour le moment brassée à l’abbaye de Scourmont, faute de locaux à disposition à l’abbaye du mont des Cats et ne peut donc pas obtenir le label ATP (Authentic Trappist Product).

Mais cela ne l’empêche pas d’être délicieuse : ses notes florales et d’agrumes en font une bière plutôt légère et son amertume prononcée s’équilibre au fur et à mesure de la dégustation. Vous la dégusterez de préférence dans un verre de type calice en raison de la symbolique religieuse associée. 

Si vous vous y rendez en octobre, se déroule sur la pâture en face de l’abbaye la fête de Saint-Hubert (18 octobre 2020). Patron des chasseurs depuis le 4ᵉ siècle, Saint Hubert est invoqué pour la protection des chiens et des chevaux. La journée débute par une messe et la bénédiction de 600 chevaux. Ensuite, les marcheurs et cavaliers effectuent une promenade dans les monts de Flandre avant de se retrouver pour un repas champêtre au son des trompes de chasse. Un événement original à ne pas manquer. 

Maintenant il ne vous reste plus qu’à vous régaler de ces produits 100% made in France et fabriqués dans la plus pure des traditions. Pour en savoir plus sur les gourmandises des abbayes, le guide gourmand des abbayes pourrait bien vous plaire ou faire l’objet d’un cadeau pour vos proches.

Pour plus d’inspiration, découvrez trois régions gastronomiques.

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